Note d’analyse sur les dépenses militaires de l’Arizona
Publiée en mai 2025, mis à jour en septembre 2026
Dès le départ, le gouvernement Arizona nous promettait une législature d’austérité budgétaire. Il rappelait, dès son investiture, les économies à engager pour respecter le cadre budgétaire européen. Des économies qui doivent se situer, d’après la Commission européenne, entre 22 et 30 milliards d’ici 2029. Entre 4,5 et 6 milliards par an, donc. Dans cet objectif, l‘Arizona a adopté un plan de 18 milliards d’euros d’économies nettes avant la fin de la législature. En septembre 2026, il annonce vouloir ajouter 10 milliards d’euros de réduction de dépenses supplémentaires.
Des nouvelles recettes sont envisagées pour un peu plus de 3 milliards d’euros, dont la vente d’actifs de l’Etat. Le gouvernement parie également toujours sur des « effets retour » d’un montant de 7,9 milliards d’euros suite aux réformes du marché du travail, notamment.
Un poste budgétaire, quasiment le seul, va pourtant continuer à augmenter en flèche : celui des dépenses militaires. Une augmentation qui se fait et se fera donc au détriment d’autres services publics, pourtant essentiels à la sécurité quotidienne des citoyennes et des citoyens belges et à celle de la planète. Des dépenses qui vont augmenter l’instabilité, la volatilité et l’insécurité internationales.
Ainsi, l’état des dépenses publiques et le déficit jugé excessif de la Belgique justifient la dégressivité des allocations de chômage, le plafonnement des aides sociales, la non-indexation du budget des soins de santé, la « flexibilisation » accrue du marché du travail, les aménagements des fins de carrière et des niveaux de pension, les économies drastiques dans la politique d’accueil des demandeurs et demandeuses d’asile, le rabotement d’un quart du budget de la coopération au développement, l’inexistence d’une politique d’adaptation et d’atténuation au dérèglement climatique, etc.
Mais malgré l’état dénoncé des dépenses publiques, et malgré la violence des réponses envisagées par l’Arizona pour y remédier, le gouvernement a décidé d’augmenter le budget militaire 2025 de 4,858 milliards d’euros. D’ici 2029, ce sont 28,351 milliards d’euros supplémentaires que l’Arizona a décidé d’injecter dans l’armée. L’équivalent de toutes les économies espérées des politiques austéritaires du gouvernement.
La « défense » n’est pas une « variable d’ajustement budgétaire »
Les dépenses militaires de la Belgique grimpent en flèche sans discontinuer depuis, au moins, 2014. La crise sanitaire liée à la Covid-19 et la crise énergétique qui a suivi n’ont absolument pas freiné les ardeurs militaristes de nos représentant.e.s politiques.
En 2014, alors qu’il était le Premier ministre d’un gouvernement en affaires courantes, Elio Di Rupo s’est engagé auprès de l’OTAN à ce que la Belgique consacre 2% de son PIB aux dépenses militaires. 20% de ces dépenses devant obligatoirement être alloués à l’achat de matériel de guerre. À ce moment, la Belgique consacrait un peu plus d’1% de son PIB à la « défense ».
Sous le gouvernement de Charles Michel, le budget militaire de la Belgique a été largement augmenté. Un ensemble d’achats militaires a été décidé et coulé dans une « loi de programmation militaire » (suite à la « vision stratégique » du Ministre de la défense Vandeput, 2016). Le gouvernement contracte alors pour 9,2 milliards d’euros d’achat de matériels. Parmi ceux-ci, 34 avions chasseurs-bombardiers F35 à capacité d’emport nucléaire pour un montant de plus de 4 milliards d’euros.
Le gouvernement d’Alexander De Croo n’est pas en reste puisqu’il décide, en juin 2022, de baliser l’accroissement du budget de l’armée belge à 1,54% du PIB à l’horizon 2030. Cela représentait une augmentation d’environ 2,5 milliards d’euros supplémentaires. Dans cette augmentation du budget militaire décidée par le gouvernement De Croo, de nouveaux achats sont entérinés comme « actualisation de la loi de programmation militaire », pour 10,2 milliards d’euros ! (Plan STAR de la ministre de la défense Dedonder) Des décisions qui pèsent sur les dépenses publiques des gouvernements successifs, comme le montre le tableau suivant.
Le gouvernement Arizona a décidé d’accélérer la fuite en avant. Dans son accord de gouvernement, l’Arizona annonçait vouloir atteindre les 2% du PIB consacrés aux dépenses militaires d’ici la fin de la législature. Cela correspondait à une nouvelle augmentation de 5,5 milliards d’euros sur 5 ans
Seulement 4 mois après son investiture, en avril 2025, le gouvernement décide de revenir sur son engagement et signale que la Belgique n’atteindra pas les 2% en 2029 mais bien… avant le 31 décembre 2025. Une décision qui équivaut à une augmentation de 4,858 milliards d’euros du budget de l’armée dès 2025. Avec cette décision, la Belgique devient le pays de l’Union Européenne où les dépenses militaires ont le plus augmenté entre 2024 et 2025 : +59%.
Si l’on additionne les augmentations du budget de l’armée à 2% du PIB jusqu’en 2029, le gouvernement Arizona a donc pris la décision de dépenser 28,351 milliards d’euros supplémentaires dans le militaire par rapport au budget 2024 de l’armée belge.
Comme l’a déclaré le ministre du Budget Van Peteghem, cela nécessitera des « efforts supplémentaires ». En effet, dans le budget fédéral 2026, les seules dépenses militaires représentent plus du quart de tout le budget de l’Etat belge hors sécurité sociale.
Dans la même annonce, l’Arizona souligne également vouloir pérenniser cette trajectoire après cette législature en engageant la Belgique à consacrer 2,5% du PIB national dans les dépenses militaires en 2034. Le budget annuel de l’armée atteindrait alors 17,7 milliards d’euros.
Cette annonce d’une nouvelle augmentation vertigineuse des dépenses militaires belges s’accompagne d’un plan d’achats militaires concoctés par le Ministre de la « défense » Théo Francken dans sa « Vision stratégique défense 2025 ». Ce plan prévoit des achats à hauteur de 34 milliards d’euros d’ici 2035. 27 milliards d’achats militaires doivent être engagés par l’Arizona avant 2029.
Entre 2014 et 2026, les dépenses militaires belges ont augmenté de +147,63%
Cette décision du gouvernement Arizona s’inscrit également dans le plan « ReArm Europe » (désormais appelé « Readiness 2030 ») annoncé par la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen en mars 2025. Ce plan prévoit une « clause de sauvegarde nationale » budgétaire qui exclut les dépenses militaires supplémentaires des règles budgétaires européennes. Ainsi, les Etats ont désormais la possibilité d’augmenter leurs dépenses militaires d’1,5% de leur PIB sans que cela soit compté dans le calcul du déficit. A l’échelle des Etats membres de l’UE, cela représente une augmentation de 650 milliards d’euros des dépenses militaires. Le plan Rearm Europe prévoit également 150 milliards d’euros de prêts pour les achats de matériel militaire.
La « norme OTAN » : Attrape-moi si tu peux
Dix ans nous séparent de l’engagement pris par le gouvernement Di Rupo de consacrer 2% aux dépenses militaires. Période durant laquelle cet « objectif » des 2% a été maintes fois sermonné, en Belgique et au niveau de l’OTAN. Sans aucune précision sur les raisons qui ont poussé à fixer un tel niveau, sinon la « menace russe ».
La guerre en Ukraine a accéléré le processus. Alors que 7 pays membres de l’OTAN atteignaient effectivement la « norme OTAN » des 2% en 2022, ils sont 23 en 2025.
Notons que le fait de présenter les enjeux sous forme de pourcentage du PIB est trompeur. S’il permettait de dire aux défenseurs d’une militarisation plus poussée que « seuls 3 pays de l’OTAN font pire que la Belgique », le niveau du budget militaire de notre pays avant la décision de l’Arizona d’atteindre les 2% (7,9 milliards d’euros en 2024) le situait exactement au milieu de l’ensemble des membres (16e sur 31). Si l’on prend les dépenses militaires par habitant (585€/hab en 2024, chiffres OTAN), la Belgique se classait même à la 13e place.
Maintenant que l’objectif des 2% est atteint par la grande majorité des pays membres de l’OTAN (et en passe de l’être pour la presque totalité des autres), le « norme » des 2% devient explicitement toute relative. Ainsi, quelques semaines après avoir décidé de cette augmentation vertigineuse de son budget militaire, la Belgique s’est engagée, avec les autres membres de l’OTAN réunis à La Haye en juin 2025, à atteindre un taux de dépenses militaires de pas moins de 5% en 2035 ! Un objectif demandé par le Président Trump et moqué par de nombreux représentant.e.s politiques chez nous avant le sommet de l’OTAN. A l’intérieur de cet objectif de 5%, 3,5% du PIB seront consacrés aux dépenses militaires au sens stricte ; 1,5% du PIB concerneront des dépenses liées à « la défense et à la sécurité au sens large ».
Ces 3,5% du PIB représenteraient plus de la moitié du budget de l’Etat fédéral hors sécurité sociale.
On le voit, cette « norme OTAN » est une chimère qui continuera inexorablement de nous échapper dès qu’on s’en approchera. C’est un trou noir duquel il est urgent de sortir.
Les dépenses militaires plus importantes qu’une sécurité sociale optimale ? Pour acheter quoi ?
Comme signalé plus haut, la Belgique s’est engagée à allouer 20% de son budget militaire aux achats de matériel de guerre. Le gouvernement Arizona présente sa liste de course. Et elle fait froid dans le dos : Il s’agit notamment de l’achat de F35 supplémentaires, d’investissements dans un système de défense (anti-)aérienne, d’avions de transport supplémentaires, d’armement et d’extension de la flotte de drones, d’une flotte d’hélicoptères opérationnelle, d’une troisième frégate ou encore du renforcement de la brigade motorisée (et la création, à terme, d’une deuxième brigade complète).
En tout, le gouvernement s’est accordé sur un paquet d’achats militaires de 34 milliards d’euros jusqu’en 2035. 27 milliards d’euros seront engagés par l’Arizona avant la fin 2029.
Le cercle vicieux de la militarisation
Lorsqu’un pays ou une alliance militaire accumule les moyens militaires pour augmenter son sentiment subjectif de sécurité et projeter sa puissance sur la scène internationale, elle diminue mécaniquement la sécurité de tous ses voisins : c’est ce que l’on appelle le dilemme de sécurité.
En accumulant de la puissance pour (officiellement, voir plus loin) dissuader toute agression potentielle, le risque est grand que les mesures prises par les uns provoquent des contre-mesures chez les autres, avec pour résultat qu’un supplément de puissance s’avère finalement contre-productif, diminue notre sentiment subjectif de sécurité et justifie de nouvelles dépenses militaires. Le serpent qui se mord la queue. Un cercle sans fin.
Il faut pourtant prendre conscience que l’Europe est déjà surarmée. Ainsi, d’après le SIPRI, les importations d’armes par les Etats européens membres de l’OTAN ont plus que doublé au cours de la période 2020-2024 par rapport à la période 2015-2019 (+105%). L’OTAN rappelle de son côté que les achats d’équipements militaires ont augmenté de 36,9% en 2024. Cela continue donc et s’accélère : le continent européen est la région où les dépenses militaires ont le plus augmenté en 2025 : + 14 % par rapport à 2024. L’accélération de la militarisation des États européens membres de l’OTAN a entraîné la plus forte hausse annuelle des dépenses en Europe centrale et occidentale depuis le début de la guerre froide !
Les États européens membres de l’OTAN disposent déjà, depuis longtemps, de capacités militaires très importantes comparativement à celles de la Russie, pourtant présentée comme la cause principale de la « nécessité » de prolonger l’augmentation des dépenses militaires. La valeur des dépenses militaires des États membres européens de l’OTAN s’élèvent à 476 milliards USD en 2024, puis 559 milliards USD en 2025. Si l’on y ajoute les montants alloués par les Etats-Unis et le Canada, cette valeur atteint 1581 milliards USD (chiffres SIPRI 2026).
De son côté, les dépenses militaires russes pour l’année 2025 s’élevaient à 190 milliards USD. Un budget, par contre, qui augmente en flèche ces dernières années. Raison supplémentaire pour nous pousser vers une politique de détente, basée sur le principe manifestement observable que la sécurité ne peut pas être recherchée aux dépens des autres.
S’opposer à cette augmentation perpétuelle et exponentielle des dépenses militaires ne relève pas de la naïveté. La naïveté, justement, est peut-être à chercher dans la conviction partagée par beaucoup que ces dépenses militaires sont un moyen de remédier à la brutalité du monde sur les court, moyen et long termes. Que du contraire. Si c’est effectivement la sécurité qui est recherchée, il serait beaucoup plus efficace, démesurément moins couteux et climatiquement extrêmement plus positif, de s’engager progressivement mais dès maintenant pour un monde où le niveau d’armement soit maintenu le plus bas possible. Ce qui ne peut être fait qu’en réinvestissant sans arrière-pensée les enceintes multilatérales.
Or, tous les mécanismes de résolution non-violente des conflits sont passés sous silence, raillés ou torpillés. « La diplomatie, ça ne marche pas », « on ne peut pas parler avec ce tortionnaire », etc. Il est évident, pourtant, que le sous-investissement chronique, politique et économique, des structures de résolution non-violente des conflits ne permet pas de rendre justice à toutes ses potentialités pour la résolution pérenne des situations de tensions et de conflits.
Une nécessité, pourtant, si l’on veut prendre à bras le corps les problématiques mondiales urgentes, au premier rang desquelles le dérèglement climatique ou la menace nucléaire.
En attendant, il n’y aura pas de miracle : l’augmentation des dépenses militaires, intrinsèquement insécurisante, se fera nécessairement au détriment des mécanismes qui assurent réellement la sécurité des individus et de la planète, et continuera d’éloigner les différents Etats que les crises multiples que nous vivons ces dernières années commandent pourtant de rapprocher.
Les moyens militaires pour la « défense de la prospérité »
La Russie avant-hier, le terrorisme transnational hier (et une « guerre contre la terreur » qui a augmenté l’insécurité et la volatilité partout où elle s’est déployée), la Russie et la Chine aujourd’hui. Les cibles principales des discours accompagnant les augmentations des dépenses militaires varient avec le temps. Les objectifs stratégiques et la politique militaire de la Belgique ou de l’OTAN s’inscrivent, elles, dans une continuité qui doit être dénoncée. Leur analyse souligne en effet une tout autre réalité que celle dépeinte dans le discours : à la lecture de ces documents, un des premiers objectifs de l’armée est de défendre « notre prospérité et notre mode de vie », comme le rappelle les différents concepts stratégiques des derniers gouvernements belges successifs ces dernières années.« La stabilité et la prospérité économiques » était ainsi, par exemple, le premier titre du premier chapitre du plan « STAR » (2022) de la Ministre Dedonder, adopté par le gouvernement De Croo.
Les concepts stratégiques belges paraphrasent l’OTAN qui se présente comme la « garante de la paix, de la liberté et de la prospérité de nos pays » et qui rappellent que les alliés continueront « de s’inscrire dans une perspective globale » alors que « des compétiteurs stratégiques1 testent notre résilience et tentent d’abuser de l’ouverture et de l’interconnexion de nos pays » (concept stratégique de l’OTAN 2022).
Dans la « vision stratégique défense 2025 » du Ministre Francken, les mêmes projets sont rappelés, mais sans fards et sans détour, à l’image de la présentation de la situation en Afrique qui « reste un enjeu majeur face à l’influence croissante de la Russie et de la Chine. En effet, la Russie utilise le continent africain comme levier pour restaurer son statut de grande puissance et contester l’influence de l’Occident »
La place centrale et de plus en plus grande de cette « défense de la prospérité » dans les documents stratégiques de nos pays doit rappeler la conflictualité grandissante de la compétition internationale, ne fût-ce qu’au regard de la raréfaction des ressources stratégiques vitales pour le fonctionnement de nos économies et pour le soutien de la croissance. Elle doit nous inquiéter sur l’insécurité et l’instabilité qu’elle prépare. Elle doit être débattue publiquement et démocratiquement, pour que chacune et chacun puisse avoir l’occasion de s’opposer à la réalité de l’utilisation de nos forces armées dans le monde.
« Une nouvelle culture de la sécurité »
La militarisation prévue par l’accord de coalition ne se limite pas au financement de l’armée ou au renforcement de la base industrielle de « défense ». Sans doute pour convaincre la population belge que des milliards vont à nouveau être injectés dans l’armée belge alors qu’un minimum de 16 milliards d’euros seront prélevés sur l’ensemble des postes essentiels à la réelle sécurité, le nouveau gouvernement entend développer « une approche pansociétale », pour sensibiliser « l’ensemble de la société à une nouvelle culture de la sécurité » et ceci « afin d’améliorer la perception qu’a le public de la sécurité et de la défense ». Pour ce faire, le gouvernement Arizona entend renforcer « la formation Sécurité et Défense prévue dans l’enseignement » et l’élargir « en prévoyant notamment un nombre suffisant de formateurs » et en nommant « un référent militaire chargé d’expliquer dans les écoles ce que fait la Défense et comment elle contribue à la paix internationale et à notre sécurité ». Un projet d’endoctrinement qui touche directement notre système éducatif, qui vise pourtant un projet d’émancipation, fondé sur la démocratie et les droits humains.
Pour renforcer encore davantage l’ancrage sociétal de l’armée, le gouvernement Arizona a créé un « service militaire volontaire » rémunéré (2100€ par mois) de 12 mois en vue du développement d’une « réserve opérationnelle, bien entraînée et disponible » qui sera prioritairement déployée sur le sol belge pour des missions de sécurisation. Malgré les seules 500 places disponibles (et potentiellement 1000 places à partir de 2027), le gouvernement Arizona a fait voter une loi prévoyant qu’un courrier soit envoyé chaque année pendant 10 ans à tou.te.s les mineur.e.s de 17 ans les invitant à postuler pour le service militaire. Ainsi, 149.000 courriers ont été envoyés en novembre 2025. Une disposition totalement disproportionnée qui constitue un jalon important de la « culture pansociétale de la sécurité » développée par le gouvernement Arizona.
Le gouvernement nous signale que cet « esprit de défense » doit s’organiser en concertation avec les secteurs privé, public et universitaire, en termes de « formation, de stage et de recherche » afin d’ « aider tous ces secteurs à assumer la charge de la mise en place d’un cadre de réserve performant ».
1 Le concept de « compétiteur stratégique » est introduit dans le discours de l’OTAN par le concept stratégique de 2022. Il y est répété à 4 reprises. La « compétition stratégique » ou la « compétition géopolitique » est mentionnée à 5 reprises (sur un document de seulement 14 pages)
